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Rapport sur les investissements directs étrangers bilatéraux Canada–Chine (2014–2024)

Sep 30, 2025 | Mise à jour du Conseil d’affaires Canada-Chine (CCBC), Recherche et rapports

Principaux enseignements :

 

  • Les liens d’investissement ont fait preuve de résilience malgré des vents contraires persistants. Malgré les restrictions sur les flux de capitaux, les tensions géopolitiques et commerciales, ainsi que la pandémie de COVID-19, les investissements directs étrangers (IDE) bilatéraux ont doublé dans les deux sens au cours de la dernière décennie, avec un fort rebond en 2024.
  • Le stock d’investissements directs demeure élevé même si les flux ralentissent. Les fonds de pension canadiens et les sociétés d’État ont en grande partie suspendu de nouveaux engagements en Chine depuis 2022, tandis que les dépôts chinois au Canada ont chuté à zéro dans le secteur des ressources. Toutefois, les deux parties conservent encore des investissements importants sur leurs marchés respectifs.
  • Les secteurs de la finance, de l’assurance et de l’immobilier surpassent désormais l’extraction des ressources et dominent les IDE canadiens en Chine. Ces secteurs représentent aujourd’hui plus des deux tiers du stock total d’IDE du Canada en Chine. Le secteur de l’extraction des ressources, autrefois dominant, a fortement reculé depuis 2020, signalant un virage structurel vers les services et les industries axées sur la consommation.
  • Les investissements directs étrangers chinois au Canada demeurent fortement axés sur les ressources, mais se diversifient. L’extraction pétrolière et gazière continue de constituer le pilier principal du portefeuille, mais les secteurs de la finance et de l’assurance, des services professionnels et des activités techniques émergent comme des domaines d’intérêt croissants pour les investisseurs chinois.

La Chine demeure un partenaire d’investissement important pour le Canada, se classant au troisième rang des sources d’investissements directs étrangers (IDE) au Canada et au quatrième rang des destinations des investissements directs canadiens sortants en Asie. En 2024, le stock d’IDE bilatéral a atteint 47,4 milliards de dollars canadiens — son niveau le plus élevé depuis plus d’une décennie et plus du double de celui enregistré en 2014. Cela représente un taux de croissance annuel composé (TCAC) d’environ 7,5 % au cours des dix dernières années, avec une hausse annuelle de 18 % en 2024 seulement. Ces chiffres mettent en évidence la résilience des relations d’investissement bilatérales malgré des pressions géopolitiques et politiques persistantes.

 

Investissements canadiens en Chine

 

La Chine demeure une destination d’investissement de premier plan pour le Canada dans la région Asie-Pacifique, se classant derrière l’Australie, Hong Kong et Singapour. En 2024, les investissements directs canadiens à l’étranger en Chine ont totalisé 16,6 milliards de dollars canadiens, en hausse de 13,0 % sur un an, représentant 10,1 % du stock total d’IDE du Canada dans la région. En incluant Hong Kong, les IDE canadiens atteignent 41,1 milliards de dollars canadiens, soit environ un quart de l’ensemble des IDE canadiens en Asie-Pacifique. Toutefois, l’importance de la Chine à l’échelle mondiale pour les investisseurs canadiens demeure limitée, ne représentant que 0,7 % du stock mondial d’IDE du Canada, ou 1,7 % en incluant Hong Kong.

 

Tendances en matière d’investissement

 

Malgré des tensions diplomatiques persistantes et le choc exogène de la pandémie mondiale de COVID-19, les investissements du Canada en Chine ont augmenté de manière constante au cours de la dernière décennie. Entre 2014 et 2024, les IDE canadiens en Chine ont plus que doublé, enregistrant un taux de croissance annuel composé (TCAC) d’environ 7,5 %.

 

La trajectoire globale de la valeur des investissements du Canada en Chine a présenté une tendance généralement à la hausse. Cette période a été marquée par plusieurs années de forte croissance — notamment en 2015, 2017 et 2020, avec des hausses respectives de 27,6 %, 28,1 % et 29,5 %. Les IDE canadiens en Chine ont connu une forte contraction de 28,1 % en 2021, à la suite de l’éclatement complet de la pandémie mondiale et de la mise en œuvre par la Chine de politiques strictes de contrôle du virus. Les niveaux d’investissement ont commencé à se redresser en 2022 avec une hausse de 16,9 % et ont maintenu leur élan avec une augmentation de 13,0 % en 2024, ce qui suggère un intérêt soutenu des investisseurs canadiens pour le marché chinois, bien qu’à une intensité moindre que durant la première moitié de la dernière décennie.

 

 

Les investissements du Canada en Chine ont généralement suivi une trajectoire ascendante, ponctuée par de fortes croissances en 2015, 2017 et 2020, avec des hausses respectives de 27,6 %, 28,1 % et 29,5 %. Cette dynamique a été interrompue en 2021, lorsque les IDE canadiens ont fortement reculé de 28,1 % dans le contexte de la pandémie mondiale et des politiques strictes de contrôle du virus en Chine. Les investissements ont commencé à se redresser en 2022 avec un rebond de 16,9 % et ont poursuivi leur progression avec une hausse de 13,0 % en 2024, reflétant un intérêt soutenu des investisseurs canadiens pour le marché chinois, bien qu’à un rythme plus modéré que durant la première moitié de la décennie.

 

En comparaison, les IDE canadiens à Hong Kong ont connu une croissance beaucoup plus rapide. De 2014 à 2024, les investissements ont presque quintuplé, passant de 5,0 milliards à 24,5 milliards de dollars canadiens, soit un TCAC de 17,2 %. Depuis 2021, les IDE canadiens à Hong Kong dépassent systématiquement ceux en Chine continentale, conformément à une tendance plus large observée après la pandémie, où les entreprises acheminent leurs investissements étrangers vers la Chine via Hong Kong. Il convient de noter que les IDE canadiens dans le secteur de la finance et de l’assurance à Hong Kong sont passés de 11,2 milliards à 23,6 milliards de dollars canadiens en 2021.

 

Pris ensemble, les IDE canadiens en Chine et à Hong Kong ont plus que triplé au cours de la dernière décennie, avec un TCAC de 12,2 %. Cette croissance a dépassé le TCAC de 9,9 % des IDE canadiens en Asie et a excédé celle observée chez plusieurs partenaires du PTPGP, notamment l’Australie (10,3 %), la Nouvelle-Zélande (10,1 %), la Malaisie (7,1 %) et le Japon (-4,1 %). Toutefois, elle est demeurée inférieure à celle de la Corée du Sud (16,2 %), de Singapour (21,2 %) et de l’Inde (23,5 %).

 

Tendances sectorielles des investissements

 

Au cours de la majeure partie de la dernière décennie, les IDE du Canada en Chine ont présenté une concentration sectorielle marquée, les investissements étant de plus en plus ancrés dans les secteurs de la finance, de l’assurance et de l’immobilier (FIRE). Portés par les institutions financières canadiennes, notamment les banques, les compagnies d’assurance et les fonds de pension publics, les investissements canadiens dans ces secteurs ont plus que triplé, passant de 3,6 milliards à 11,0 milliards de dollars canadiens entre 2016 et 2024, soit un TCAC d’environ 15,0 %. Avant la pandémie, les stocks d’IDE dans les secteurs de la finance et de l’assurance ont enregistré de fortes hausses annuelles de 6,6 % en 2017, 39,1 % en 2018, 47,6 % en 2019 et un remarquable 82,5 % en 2020, année où les IDE ont atteint un premier sommet de 5,8 milliards de dollars canadiens. Bien que le secteur ait connu une forte contraction de 42,7 % en 2021, les niveaux d’investissement ont depuis rebondi, atteignant un nouveau sommet en 2024.

En revanche, les investissements canadiens dans le secteur immobilier en Chine ont suivi une trajectoire différente. La croissance des IDE y est restée largement stagnante et a même diminué progressivement dans les années précédant la pandémie. Toutefois, 2021 a marqué un tournant avec une hausse de 30,5 %, suivie d’une période de croissance régulière. Il convient de souligner que cette expansion continue s’est maintenue malgré le ralentissement en cours du marché immobilier domestique chinois.

 

 

En dehors du secteur FIRE, l’extraction minière, l’exploitation en carrière ainsi que l’extraction de pétrole et de gaz en Chine ont historiquement constitué un domaine clé d’investissement pour les IDE canadiens. Entre 2016 et 2020, les investissements canadiens dans ce secteur se sont élevés en moyenne à 5 milliards de dollars canadiens, représentant 38,7 % du stock total d’IDE du Canada en Chine et en faisant le principal domaine d’investissement du pays.

Cette tendance s’est brusquement inversée avec le début de la pandémie mondiale, les IDE dans ce secteur ayant chuté de 75,7 %, passant de 5,5 milliards de dollars canadiens en 2020 à 1,3 milliard en 2021. En conséquence, la part du secteur dans le stock total d’IDE du Canada est passée de 31,0 % à seulement 10,5 % sur la même période. Plus largement, cette contraction a représenté 83,6 % de la baisse globale des IDE canadiens en Chine cette année-là, soulignant l’importance du secteur pour les investisseurs canadiens.

Ce recul s’explique principalement par la diminution des investissements dans le sous-secteur de l’extraction de pétrole et de gaz en Chine, qui constitue la majeure partie des investissements canadiens dans l’ensemble du secteur de l’extraction minière, des carrières et du pétrole et du gaz. Les IDE dans ce sous-secteur ont chuté de 73,6 %, passant de 4,0 milliards de dollars canadiens en 2020 à 1,1 milliard en 2021, puis ont encore reculé pour atteindre seulement 7 millions de dollars en 2023. En 2024, le sous-secteur a montré des signes de reprise, rebondissant à 552 millions de dollars canadiens.

Toutefois, l’ensemble du secteur de l’extraction minière, des carrières et du pétrole et du gaz a depuis perdu en importance relative, sa part dans les IDE canadiens étant désormais comparable à celle des industries manufacturières et du commerce de gros et de détail.

 

Le secteur manufacturier, bien qu’ayant connu une croissance relativement faible (TCAC de 2 % entre 2016 et 2024), a maintenu une présence stable, représentant en moyenne 8 % du stock d’IDE canadiens en Chine durant cette période. De même, le commerce de gros et de détail a constamment représenté entre 6 % et 7 % des IDE canadiens, soutenu par une hausse en 2019, alors que les entreprises canadiennes ont accru leur présence en Chine. Parmi les entrées notables figurent Canada Goose (fin 2018), Tim Hortons (début 2019) et Saputo (siège régional en juillet 2019).

 

Aperçu 2024 : Répartition des investissements du Canada en Chine

 

En 2024, la position d’investissement du Canada en Chine demeure fortement concentrée dans les secteurs FIRE du pays. Ces secteurs représentent plus des deux tiers des IDE canadiens en Chine, avec 5,90 milliards de dollars canadiens dans la finance et l’assurance et 5,11 milliards dans l’immobilier. Il convient de noter que la part des investissements canadiens dans le secteur de la finance et de l’assurance en Chine (35,5 %) reflète étroitement celle de son portefeuille d’investissement mondial (32,6 %). En revanche, les investissements canadiens dans le secteur immobilier en Chine présentent un écart marqué. Ce secteur représente 30,7 % des IDE canadiens en Chine, comparativement à 6,6 % dans le portefeuille d’investissement mondial du Canada. Si l’on considère uniquement ce secteur, les investissements du Canada dans l’immobilier en Chine représentent 3,1 % de l’ensemble des IDE canadiens dans ce secteur à l’échelle mondiale.

 

Le secteur manufacturier se classe au troisième rang des industries les plus investies pour les IDE canadiens en Chine en 2024, attirant 1,17 milliard de dollars canadiens et représentant environ 7,0 % de l’investissement total du Canada dans le pays. Au sein de ce secteur, la fabrication d’équipements électroniques grand public et celle de produits métalliques fabriqués ont représenté plus de la moitié du total, ces sous-secteurs constituant respectivement 15,7 % et 9,7 % des IDE mondiaux du Canada dans ces segments.

Vient ensuite le secteur de l’extraction minière, des carrières ainsi que du pétrole et du gaz en Chine, qui a attiré 1,02 milliard de dollars canadiens en IDE et représenté 6,2 % du total des IDE du Canada dans le pays. Plus précisément, plus de la moitié de ces investissements était concentrée dans le sous-secteur de l’extraction de pétrole et de gaz.

Enfin, le commerce de gros et le commerce de détail ont respectivement totalisé 898 millions et 423 millions de dollars canadiens, représentant ensemble 7,9 % du total des IDE canadiens en Chine en 2024.

 

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Dossier spécial : Stock et flux des IDE canadiens dans les secteurs FIRE en Chine

 

La trajectoire du stock d’IDE du Canada dans les secteurs FIRE en Chine diverge sensiblement de celle observée pour les nouveaux flux d’IDE. Avant la pandémie, les tendances des stocks et des flux étaient globalement alignées, affichant toutes deux une croissance soutenue. Selon le Investment Monitor de l’Asia Pacific Foundation, les investisseurs canadiens ont réalisé 14 transactions en Chine entre 2016 et 2019, totalisant 4,9 milliards de dollars canadiens, les fonds de pension publics et les sociétés d’État étant responsables de plus de la moitié de ces opérations.

Toutefois, entre 2020 et 2024, les flux d’investissement ont fortement ralenti, avec seulement cinq transactions totalisant 1,6 milliard de dollars canadiens, dont une seule impliquait un fonds de pension public canadien ou une société d’État. Ce changement reflète un net repli de fonds tels que la CDPQ, l’OTPP et BCI, qui ont suspendu de nouveaux IDE en Chine dans un contexte de tensions bilatérales accrues. Il convient de noter que les flux des fonds de pension publics canadiens vers la Chine ont chuté à 627 millions de dollars canadiens en 2020, puis à 423 millions en 2021, avant de cesser complètement après 2022.

 

 

Malgré ce ralentissement, les données sur le stock d’IDE du Canada montrent que les institutions financières canadiennes demeurent actives, investies et engagées sur le marché. Les motivations sous-jacentes qui ont initialement stimulé les investissements canadiens en Chine restent sans doute pertinentes aujourd’hui.

Pour les compagnies d’assurance canadiennes telles que Manulife et Sun Life Financial, le vieillissement de la population chinoise et les réformes continues du système de santé — qui positionnent de plus en plus l’assurance santé commerciale comme un complément clé au régime de base — continuent de représenter une opportunité commerciale lucrative à long terme.

Dans le marché plus large des soins de santé en Chine, les récentes ouvertures politiques — telles que les zones pilotes autorisant des hôpitaux entièrement détenus par des capitaux étrangers et les mesures permettant aux entreprises à investissement étranger de développer et d’appliquer des technologies liées aux cellules souches humaines, au diagnostic génétique et aux traitements — créent des opportunités prometteuses pour les institutions médicales canadiennes et les entreprises de haute technologie souhaitant pénétrer le marché.

 

Pour les fonds de pension publics canadiens, notamment les « big eight », la Chine continue de représenter un marché d’intérêt central alors qu’ils cherchent à générer une croissance ajustée au risque dans le cadre de leurs stratégies de diversification mondiale. Pour les investisseurs à long horizon chargés de servir des millions de bénéficiaires, le récent rebond des marchés boursiers chinois renforce l’idée que la Chine demeure un marché difficile à ignorer : la capitalisation du marché des actions A chinoises a dépassé 100 000 milliards de RMB en août 2025, tandis que l’indice Hang Seng Tech a progressé de 41 % depuis le début de l’année pour atteindre un sommet en quatre ans, porté par la solidité des dividendes des entreprises d’État et un fort rebond des valeurs technologiques mené par l’intelligence artificielle.

Les institutions financières mondiales en ont pris note : Goldman Sachs a relevé son objectif de cours pour Alibaba en raison de perspectives plus solides dans l’infonuagique, tandis qu’Arete Research a relevé sa recommandation sur Baidu à « acheter », en raison du potentiel de croissance de son activité de semi-conducteurs développés en interne. Avec des valorisations toujours inférieures à leurs moyennes historiques et nettement en deçà de celles de leurs homologues américains, la Chine offre aux fonds canadiens des points d’entrée à prix réduit dans des secteurs numériques à forte croissance.

 

Investissements directs chinois au Canada

 

La Chine continue également de constituer une source importante d’IDE entrants pour le Canada. En 2024, le stock d’IDE chinois au Canada a totalisé environ 30,8 milliards de dollars canadiens sur la base du pays investisseur immédiat, se classant au troisième rang parmi les pays de l’Asie-Pacifique et au neuvième rang à l’échelle mondiale. Cela représente une hausse de 20,8 % sur un an, signalant un fort rebond de l’activité d’investissement.

En incluant Hong Kong, le stock total d’IDE atteint 66,6 milliards de dollars canadiens, positionnant la Chine comme le principal investisseur de la région Asie-Pacifique et au sixième rang mondial, représentant 35 % des IDE de la région et 4,4 % du total des IDE entrants au Canada. Sur la base du pays investisseur ultime, les IDE chinois au Canada ont dépassé 50 milliards de dollars canadiens, soit leur niveau le plus élevé depuis plus d’une décennie. Selon cette mesure, la Chine à elle seule s’est établie comme le troisième investisseur étranger au Canada, derrière seulement les États-Unis et le Royaume-Uni, représentant 3,3 % du stock total d’IDE étrangers au Canada.

 

Tendances en matière d’investissement

 

Les investissements directs chinois au Canada, sur la base du pays investisseur immédiat, ont affiché une croissance soutenue malgré des fluctuations constantes. Les IDE chinois ont presque doublé, passant de 15,6 milliards à 30,8 milliards de dollars canadiens entre 2014 et 2024, soit un TCAC de 7,0 %, avec des hausses notables en 2018 et 2024 compensant les reculs observés en 2015, 2020 et 2023. [1]

Sur la base du pays investisseur ultime, le stock d’IDE chinois au Canada a atteint 50,1 milliards de dollars canadiens en 2024, représentant une augmentation de 107,6 % sur la décennie et un TCAC de 5,9 %. [2] La croissance a été particulièrement forte entre 2016 et 2020, avant de plafonner au cours des cinq années suivantes, puis de retrouver une trajectoire ascendante en 2024.

Plusieurs facteurs ont contribué à cette évolution, notamment les restrictions sur les sorties de capitaux imposées par la Chine en 2017, l’intensification des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine à partir de 2018, la pandémie mondiale qui s’en est suivie, ainsi que la reprise inégale de la Chine après la réouverture de ses frontières. Du côté canadien, des mesures politiques et l’opinion publique ont également créé des vents contraires pour les investisseurs chinois, en particulier dans le cadre de certaines transactions très médiatisées.

 

Sur la base du pays investisseur immédiat, les niveaux d’investissement entrants en provenance de Hong Kong étaient globalement comparables à ceux de la Chine continentale, mais ont progressé à un rythme légèrement plus rapide. Le stock d’IDE de Hong Kong au Canada a plus que doublé, passant de 14,7 milliards à 35,9 milliards de dollars canadiens sur la période, soit un TCAC de 9,4 %. Les investissements ont augmenté de manière constante jusqu’à un premier sommet de 35,0 milliards de dollars canadiens en 2019, ont reculé au cours des années suivantes, puis ont rebondi pour atteindre un nouveau sommet de 35,9 milliards de dollars canadiens en 2024.

En revanche, le stock d’IDE de Hong Kong au Canada est nettement plus faible lorsqu’il est mesuré sur la base du pays investisseur ultime, ce qui suggère qu’une grande partie des investissements en provenance de Chine transite par Hong Kong. De 2014 à 2024, le stock d’IDE de Hong Kong selon cette mesure est passé de 4,5 milliards à 10,8 milliards de dollars canadiens.

 

 

Dans l’ensemble, les IDE entrants en provenance de la Chine et de Hong Kong, sur la base du pays investisseur immédiat, ont plus que doublé au cours de la dernière décennie, avec un TCAC de 8,2 %. Sur la base du pays investisseur ultime, le stock combiné a presque doublé, avec un TCAC de 6,4 %. Bien que cette croissance ait surpassé celle des investissements de l’ensemble de la région asiatique au Canada, elle a été inférieure à l’expansion plus rapide des IDE entrants provenant d’économies clés de la région, notamment l’Indonésie (25,7 %), l’Australie (16,0 %), la Corée du Sud (12,0 %), Singapour (10,4 %) et la Malaisie (7,6 %).

 

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Tendances sectorielles des investissements

 

Au cours de la majeure partie de la dernière décennie, les IDE chinois au Canada se sont largement concentrés dans les secteurs de l’extraction des ressources et de la gestion d’entreprises, tout en étant complétés par une présence croissante dans les services financiers et les activités professionnelles. Le secteur de l’extraction minière, des carrières ainsi que du pétrole et du gaz est demeuré la pierre angulaire du portefeuille chinois au Canada, passant de 7,2 milliards à 16,2 milliards de dollars canadiens entre 2016 et 2024, soit un taux de croissance annuel composé (TCAC) de 10,8 %.

Tout au long de la période, ce secteur a représenté de manière constante environ la moitié des IDE totaux de la Chine au Canada, oscillant entre 47,0 % et 55,7 %. Au sein de cet ensemble, l’extraction pétrolière et gazière a dominé, passant de 7,2 milliards à 13,1 milliards de dollars canadiens (TCAC de 7,8 %), tandis que la part de la Chine dans l’ensemble des IDE étrangers dans le secteur pétrolier et gazier canadien est passée de 5,3 % en 2016 à 11,7 % en 2024.

L’extraction minière et l’exploitation en carrière (hors pétrole et gaz) ont élargi cette exposition, progressant de 2,2 milliards de dollars canadiens en 2019 à 3,0 milliards en 2024, soutenues par de fortes hausses à deux chiffres en 2021 et 2022.

 

En dehors des ressources, les investissements dans le secteur de la gestion de sociétés et d’entreprises sont demeurés importants, mais ont progressivement perdu en importance relative. Bien que la valeur comptable soit passée de 4,7 milliards à 5,8 milliards de dollars canadiens entre 2016 et 2024, sa part dans le portefeuille chinois a reculé de 31,1 % à 18,9 % sur la même période.

En revanche, le secteur de la finance et de l’assurance s’est imposé comme l’un des domaines de croissance les plus dynamiques, passant rapidement de seulement 146 millions de dollars canadiens en 2016 à 4,7 milliards en 2024. Cette trajectoire a été marquée par de fortes fluctuations, mais à la fin de la période, la finance s’est solidement établie comme un pilier central des investissements chinois.

Les services professionnels, scientifiques et techniques ont également fortement progressé en fin de période, passant de niveaux négligeables en 2019 à 2,5 milliards de dollars canadiens en 2024, portant la part du secteur à 8,0 % du portefeuille et soulignant une réorientation des investissements chinois vers des actifs à forte intensité de connaissances.

À l’inverse, le secteur manufacturier a connu un repli important. Les IDE chinois sont passés de 3,2 milliards de dollars canadiens en 2016 à seulement 548 millions en 2024, la part du secteur dans le portefeuille chutant de 21,0 % à 1,8 %. Le sous-secteur de la fabrication de métaux primaires illustre particulièrement ce recul, passant de 3,2 milliards à seulement 152 millions de dollars canadiens.

 

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Aperçu 2024 : Répartition des investissements de la Chine au Canada

 

Au niveau sectoriel, les investissements chinois au Canada demeurent fortement concentrés dans le secteur des ressources, l’extraction pétrolière et gazière constituant clairement l’épine dorsale. En 2024, le stock d’IDE chinois dans ce secteur s’élevait à 13,1 milliards de dollars canadiens, représentant 42,4 % du total des IDE chinois au Canada et 11,7 % de l’ensemble des IDE entrants dans ce secteur. L’intérêt chinois pour l’énergie canadienne est encore plus évident lorsqu’on le compare aux tendances mondiales, puisque le secteur de l’extraction pétrolière et gazière ne représente que 7 % des IDE entrants que le Canada reçoit de l’ensemble des pays.

Au-delà du pétrole et du gaz, les investissements dans la gestion de sociétés et d’entreprises ont totalisé 5,8 milliards de dollars canadiens, tandis que ceux dans la finance et l’assurance ont atteint 4,7 milliards, se maintenant à des niveaux stables depuis 2022 après une période de forte croissance. Il convient de noter que les investissements dans les services professionnels, scientifiques et techniques ont bondi à 2,47 milliards de dollars canadiens en 2024 — leur niveau le plus élevé jamais enregistré — ce qui pourrait indiquer un intérêt croissant de la Chine pour les segments de haute technologie et axés sur l’innovation de l’économie canadienne.

 

 

Les investissements chinois dans les autres secteurs sont demeurés relativement limités. Le secteur manufacturier a enregistré un total de 548 millions de dollars canadiens en 2024, avec des investissements répartis entre la transformation alimentaire, l’électronique et la machinerie. Les investissements dans l’immobilier sont restés stables à 293 millions de dollars canadiens, tandis que le commerce de gros a atteint 369 millions, ce qui suggère un intérêt stable mais secondaire pour les secteurs axés sur la consommation au Canada.

Des secteurs tels que le commerce de détail, le transport ainsi que les industries de l’information et de la culture ont chacun enregistré moins de 150 millions de dollars canadiens, tandis que les investissements dans l’agriculture, la construction et les services d’hébergement et de restauration sont restés négligeables.

 

Dossier spécial : Déclarations d’investissements chinois au Canada

 

Les déclarations d’investissements chinois au Canada (y compris celles en provenance de Hong Kong) sont demeurées robustes. Entre 2016 et 2024, la Chine s’est constamment classée parmi les cinq principales sources de nouvelles déclarations chaque année, avec un nombre annuel variant entre 34 et 50 durant cette période. Plus récemment, en 2023-2024, les investisseurs chinois ont soumis 39 nouvelles propositions d’investissement, représentant 3,2 % du total des déclarations et se classant au cinquième rang.

Bien que cela reflète un déclin graduel par rapport aux 46 déclarations et à la deuxième place enregistrées en 2016-2017, la position soutenue de la Chine parmi les principaux déposants met en évidence la résilience de l’intérêt des investisseurs chinois malgré l’incertitude accrue liée aux tensions bilatérales des dernières années et aux risques géopolitiques élevés.

 

 

La composition sectorielle des déclarations d’investissements chinois au Canada met en évidence un changement important des priorités des investisseurs. En 2016–2017, les déclarations étaient plus équilibrées, avec une activité notable dans les ressources (8 déclarations) et le secteur manufacturier (12 déclarations). Toutefois, pour l’exercice 2023–2024, les déclarations dans les ressources sont tombées à zéro et à cinq dans le manufacturier, tandis que le secteur des affaires et des services a fortement progressé pour atteindre 20 déclarations, représentant plus de la moitié des soumissions totales de la Chine.

Les déclarations dans le commerce de gros et de détail ont également atteint un sommet de 10, soulignant un intérêt croissant pour les secteurs axés sur la consommation. Cette réorientation, passant des industries traditionnelles à forte intensité d’actifs vers des secteurs axés sur les services et la consommation, reflète à la fois l’évolution des dynamiques commerciales entre les deux économies et les tensions bilatérales accrues.

En particulier, le resserrement des règles canadiennes en matière d’investissement étranger dans le secteur des minéraux critiques a probablement contribué à l’arrêt des déclarations chinoises dans le secteur des ressources en 2023-2024. Néanmoins, l’intérêt chinois pour les minéraux canadiens demeure fort. Le durcissement de la position d’Ottawa a incité les entreprises chinoises et canadiennes à chercher des solutions alternatives pour conclure des ententes.

Dans l’ensemble, la présence continue de la Chine parmi les cinq principales sources de déclarations et l’évolution de son engagement sectoriel témoignent d’un engagement durable envers le marché canadien et d’une approche plus ciblée des opportunités d’affaires au Canada.

 

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Perspectives d’avenir

 

À l’avenir, les relations d’investissement entre le Canada et la Chine devraient refléter un équilibre entre logique de marché et considérations géopolitiques. Les négociations commerciales en cours avec les États-Unis, qui ont de plus en plus mis l’accent sur les impératifs de sécurité nationale — comme en témoignent les droits de douane imposés en vertu de la Section 232 sur l’acier, l’aluminium et les importations automobiles — continueront d’influencer la posture commerciale globale du Canada et, par conséquent, de limiter la marge de manœuvre d’Ottawa dans la gestion de sa relation économique avec la Chine.

En conséquence, Ottawa devrait poursuivre le renforcement des mécanismes de contrôle des investissements et élargir les restrictions visant les capitaux chinois dans des secteurs sensibles, notamment les technologies émergentes et les minéraux critiques. L’examen de l’ACEUM prévu en 2026, qui est entré en phase de consultations publiques entre les trois parties, pourrait encore accentuer ces tendances.

 

Toutefois, les récents développements diplomatiques offrent des raisons d’un optimisme mesuré. Depuis l’entrée en fonction du premier ministre Carney, une série d’engagements de haut niveau a vu la reprise de la Commission économique et commerciale conjointe Canada-Chine (JETC), rétablissant le dialogue institutionnel après une longue interruption. La réunion, coprésidée par le négociateur commercial en chef de la Chine, Li Chenggang, et le sous-ministre canadien du Commerce, Rob Stewart, a permis aux deux parties d’explorer activement des voies pour renforcer les relations économiques et commerciales bilatérales et de convenir de continuer à tirer parti de ce mécanisme afin d’accumuler des résultats positifs en matière de coopération.

Ces avancées au niveau fédéral ont été complétées par des initiatives provinciales encourageantes, notamment la mission commerciale en Chine du premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, en septembre 2025, qui a donné lieu à des résultats plus positifs que prévu et a signalé la réceptivité des responsables chinois à une recalibration des relations économiques bilatérales. La récente rencontre entre le premier ministre Carney et le premier ministre chinois Li Qiang, en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies, a également renforcé cette dynamique, les deux dirigeants affirmant leur engagement à stabiliser les relations bilatérales et à élargir la coopération dans des secteurs d’intérêt mutuel.

Dans l’ensemble, ces développements jettent les bases d’un dialogue soutenu au plus haut niveau, avec la possibilité de nouveaux échanges entre dirigeants lors de sommets à venir tels que l’APEC et le G20. S’inspirant des discussions commerciales entre les États-Unis et la Chine, les rencontres bilatérales entre dirigeants créent des occasions d’établir un ensemble clair de principes d’engagement — une condition préalable à la résolution des différends commerciaux et à la concrétisation d’opportunités d’investissement dans des secteurs où la demande est forte et les intérêts convergents.

 

En conclusion, bien que les contraintes politiques et les considérations stratégiques continueront de façonner la prise de décision, les récents signaux diplomatiques indiquent une recalibration nuancée. La voie à suivre sera définie par la capacité des deux pays à compartimenter leurs relations — en gérant les frictions inévitables dans certains domaines tout en poursuivant de manière pragmatique la coopération là où les intérêts économiques et nationaux convergent. Le succès ne dépendra pas de la résolution de toutes les divergences, mais de l’établissement de cadres permettant un engagement pragmatique malgré des défis géopolitiques plus larges.

 

Auteur

Peter Huang, Consultant en recherche, Conseil d’affaires Canada-Chine

 

Expert-réviseur

Mark Kruger, Membre senior, Yicai Research Institute ; membre senior, Centre pour l’innovation dans la gouvernance internationale ; membre senior, China Institute, Université de l’Alberta

 

[1] Les IDE selon le pays investisseur immédiat correspondent à l’emplacement de la source directe des fonds entrant dans l’économie d’accueil.

 

[2] Les IDE selon le pays investisseur ultime attribuent l’investissement au pays de la société mère contrôlante ultime.